Solidarité avec Loïc et Guillaume, dockers du Havre

Solidarité Dockers image OBT

Mercredi 31 août 2016, alors que les vacances d’été se terminent pour beaucoup et que la rentrée sociale s’organise déjà depuis plusieurs semaines – promettant d’être mouvementée –, l’État a tenu à annoncer la couleur avec une énième provocation contre les organisations syndicales et leurs militants. Ainsi, tôt le matin ce jour-là, Loïc et Guillaume, deux dockers du Havre, ont été arrêtés par des policiers parisiens puis immédiatement convoyés à Paris pour être placés en garde à vue dans le commissariat de la Sûreté territoriale, rue Riquet, dans le 19e arrondissement. Dans le collimateur des autorités : la participation supposée des deux camarades à la manifestation du 14 juin 2016 à Paris. Ils n’ont été relâchés qu’en fin de journée, vers 20 heures, avec une convocation au tribunal de grande instance le 25 novembre. Entre-temps, la solidarité s’est rapidement organisée dans les milieux syndicaux : la CGT-Ports et docks a bloqué le port du Havre et la fédération a fait planer la menace d’un blocage de tous les ports du pays dès le lendemain si les deux camarades n’étaient pas libérés le soir même ; à Paris, une quarantaine de militants de la CGT, de Solidaires et de FO se sont rassemblés devant le commissariat.

L’arrestation de Loïc et Guillaume par la police parisienne n’est pas intervenue au hasard. Car, ce mercredi-là au Havre, la CGT avait prévu de tenir son assemblée générale de rentrée, avec, en invité vedette, le secrétaire générale de la confédération, Philippe Martinez. Difficile, dès lors, de ne pas penser que les services de police ont reçu leurs ordres de très haut, quelque part depuis les sphères ministérielles, pour procéder à ces deux interpellations brutales. D’autant que, quelques jours avant, le 27 août, les militants CGT du Havre avaient procédé à une vaste opération de péage gratuit sur le pont de Normandie dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail. Menaces et vengeance, en somme, comme autant de mises en garde du pouvoir par rapport aux mobilisations syndicales prévues à partir du 15 septembre pour arracher l’abrogation de la loi Travail.

Quoi qu’il en soit, Loïc et Guillaume ne sont pas encore sortis d’affaire. S’ils ont été libérés, reste encore le passage devant le tribunal, le 25 novembre 2016. Là encore, nous devrons être présents, massivement, pour leur apporter tout notre soutien, exiger leur relaxe immédiate et montrer au pouvoir qu’ils ne sont pas tout seuls. Et qu’en touchant à l’une ou l’un de nous, il nous touche toutes et tous.

Par le Collectif d’animation de l’appel « On bloque tout ! »
Le 1er septembre 2016